Septembre… C’est deux choses : la rentrée littéraire et la foire aux vins. Entre les deux mon coeur balance ! Je vous ferais bien l’apologie de certains petits vins du Languedoc, mais… Je suis plus douée pour les boire, plutôt que pour en parler.
En ce qui concerne la littérature, en règle général, je préfère laisser les professionnels, ou au moins les personnes passionnées en parler. Aujourd’hui, j’ai envie de faire une exception.
Je ne suis pas une inconditionnelle des livres qui font le buzz, ou de la rentrée littéraire. J’ai fait une entorse à cela avec La Jouissance de Florian Zeller.
Pour le résumé, je vais me contenter de vous copier celui que l’on peut lire un peu partout :
L’histoire commence là où toutes les histoires devraient finir : dans un lit. Nicolas vit depuis deux ans avec Pauline, ce n’est donc pas la première fois qu’ils se retrouvent l’un en face de l’autre et qu’elle lui fait un sourire équivoque en lui prenant la main. Ce sont des gestes qu’ils connaissent par cœur, des gestes qui peuplent le territoire des choses familières et rassurantes.
Ce jour-là, pourtant, quelque chose d’inédit se produit. Il est allongé sur le dos et Pauline, qui vient de retirer son soutien-gorge, ferme légèrement les yeux, comme elle a l’habitude de le faire quand le plaisir commence sa douce anesthésie du monde. Soudain, la couette se soulève, et une troisième tête apparaît.
Je m’intéresse pas mal aux relations de couples depuis maintenant plusieurs mois. La construction, le pourquoi du comment… Ce qui fait que deux êtres décident de de partager leur vie (et dans la notion de partage, je suis mesurée… J’en parlerai probablement un peu plus tard), les difficultés rencontrées.
Quand j’ai lu par hasard, le résumé de ce livre et les thèmes abordés, j’ai évidemment été très attirée. Je n’avais encore jamais lu aucun livre de Florian Zeller, je ne savais pas du tout à quel type d’auteur j’allais avoir à faire.
Pour celles et ceux qui désireraient lire le livre… Je vous déconseille de poursuivre. Je n’ai pas envie de ménager la curiosité des lecteurs.
Tout au long de l’ouvrage, l’auteur fait un parallèle entre la construction de l’Europe et l’histoire du couple de Pauline et Nicolas. Jusque là, l’idée est intéressante, intrigante et ambitieuse.
Nicolas et Pauline se rencontrent. Le temps passe, les dîners entre amis, la famille, la routine, l’adultère, et un enfant du couple arrive. La fin du couple arrive également avec la naissance de cette enfant. Une vie banale en somme. Tout comme le reste de l’histoire d’ailleurs. Bref.
Sauf que l’auteur va alors commencer à se positionner sur le sujet du couple : La critique de l’individualité au profit de la vie de couple.
Le rapport avec la construction de l’Europe ? Un raisonnement simpliste qui aurait réellement pu être approfondi. La personnalité des dirigeants de chaque pays qui prend le dessus, les intérêts personnels… alors que l’union des pays serait l’idéal.
Fondamentalement, le parallèle n’était pas absurde. Fondamentalement seulement.
Comment peut-on critiquer, à seulement 33 ans, le choix de nombreuses personnes de penser à leur bonheur personnel avant de penser au bonheur du couple ? Comment peut-on juger des situations personnelles ? Comment peut-on décemment déclarer qu’aujourd’hui les enfants condamnent la vie de couple, alors qu’avant c’était un élément qui soudait ?
Je suis furieuse. Furieuse, parce que j’estime, que la culpabilité est vraiment désagréable et que personne n’a le droit de juger le choix de vie des autres.
Doit-on blâmer une personne qui a plutôt fait le choix de penser à sa jouissance personnelle plutôt qu’à maintenir son couple bancal ? Les situations sont si personnelles, que personne n’est en droit, ni en mesure de juger qui que ce soit.
Je crois qu’il faut avoir vécu de telles situations, de telles déceptions, de réelles passions pour comprendre. Comprendre que toutes les épreuves d’un couple ne sont par surmontables. Bien évidemment que l’on doit surmonter certaines épreuves, que l’on ne doit pas abandonner l’autre lâchement au moment où il a besoin de soutien. Mais doit-on pour autant se sacrifier pour un couple dont l’avenir n’est plus envisageable ? Doit-on s’oublier ?
La comparaison avec la vie d’avant… Je ne la supporte pas. Nos grands-parents s’unissaient et ne se séparaient pas. Mais étions-nous dans l’intimité du couple ? Savons-nous comment individuellement, ils ont vécu ? Étaient-ils plus heureux ?
Je peux tout entendre, et j’aurais aimé que l’auteur m’amène à réfléchir et à peut-être mesurer mon avis, qui est différent du sien, sur le sujet. L’auteur nous braque en faisant culpabiliser les lecteurs qui se trouvent dans la situation de ce couple qui finit par éclater… Un couple qui éclate, mais dont les protagonistes vont ensuite probablement être heureux.
Une critique de la recherche de la passion et du bonheur ? Une critique de l’absence du sens du sacrifice ? Les leçons de moralité qui ne sont pas étayées, je n’en suis pas fan. J’estime que la vie est courte et qu’on ne doit pas blâmer les personnes qui ont ce besoin de jouir de la vie. On se remet d’une rupture… Quoi qu’on en dise.
Je ne suis pas sûre qu’on se remette d’une absence de passion et que les regrets ne soient pas beaucoup plus pesant…
Il faut du temps avant de reconnaître que dans son couple tout n’était pas idéal… Que la frustration était présente. N’avons-nous pas tout été parfois aigri ? N’avons-nous pas tous un jour fait des reproches à l’autre ? Ces reproches qui ne sont pas forcément contre l’autre, mais bien souvent contre soi. On s’en veut. On s’en veut de manquer de ce courage qui nous empêche de partir et de faire en sorte que l’histoire qui a été belle le reste, et que tout ne soit pas gâché par une indifférence et parfois une haine terrible.
Parce que ces choix sont suffisamment douloureux et personnels, j’estime que personne n’a le droit ni de juger, ni de culpabiliser.
Voilà mon idée sur le thème du livre. Il y avait tant à dire sur un sujet si compliqué… que je suis déçue que l’auteur soit resté dans la superficialité et le jugement hâtif.
Ally
